La transformation sociale des acteurs du digital

Une nouvelle vague de “Social Geek” apparaît, acteurs du numérique et de l’innovation, ayant un objectif commun, celui de lutter contre les inégalités sociales et d’améliorer le bien-être sociétal.
Encore à la traîne en France et inspiré d’un mouvement anglophone, les acteurs de l’ESS “Economie sociale et solidaire” qui porte traditionnellement les actions de solidarité en France tendent à s’intéresser de plus en plus aux technologies du numérique, et plus particulièrement au mouvement de la social tech.

La social tech est à la croisée de l’ERS et de l’économie du numérique.
EX dans le film “Demain”, Cyril Drion et Mélanie Laurent partent à la rencontre de groupes d’individus qui, notamment grâce aux nouvelles technologies, s’auto-organisent afin de pallier les manques de l’État, des collectivités et du secteur marchand. Le film met en avant deux initiatives: les incroyables Comestibles[1] et Zèbre[2]une plateforme qui incite les micro-actions citoyennes, afin de palier au manque de réponse des collectivités…

La social tech désigne “une communauté d’acteurs décidée à mettre le numérique au service des citoyens engagés dans une certaine idée du bien commun”. En mobilisant des capacités technologiques, la social tech promet à chacun la capacité de pouvoir agir au service de l’intérêt général.

La civic-tech [3]  quant à elle, témoigne d’un désir des citoyens de prendre part plus largement et plus directement aux décisions d’ordre politique qui les concernent.

Social Tech, Civic Tech et maintendant Tech for Good [4], alliant projets numériques et impact sociétal, permet au plus grand nombre de pouvoir agir en faveur de l’intérêt général. En effet, partager, accéder à l’information, agir et échanger sont devenus avec le numérique à la portée de tous. C’est pourquoi, afin d’améliorer leur impact, des acteurs sociaux capitalisent de plus en plus sur des innovations du numérique, permettant d’améliorer le quotidien et les enjeux de sociétés majeurs.

Parmi ces innovations, on peut citer les plateformes suivante: jaccede.com, helloasso.com, ADB Solidatech et bien d’autres.

C’est dans cette même optique de soutenir des initiatives numériques innovantes et d’intérêt général, que la Ruche et ses partenaires ont décidé de lancer Le Digital Impact en janvier dernier. Un programme d’excellence dédié aux projets qui développent des solutions digitales pour un monde plus juste et durable.

Les nouveaux entrepreneurs de la SocialTech

La plateforme jaccede.com

J’accede est une association d’intérêt général qui a pour but de promouvoir les déplacement des personnes à mobilité réduite. Et pour ce faire Valentine Lesser a créé une plateforme numérique collaborative qui permet de détailler l’accessibilité des lieux ouverts au public, car aujourd’hui le frein, c’est l’accessibilité physique, mais au delà de cela il y a un vrai frein au niveau de l’information. On ne sait pas aujourd’hui quels lieux sont accessibles et comment ils le sont ? Parce qu’il y a beaucoup de diversité dans l’adaptation des lieux ouverts au public et beaucoup de diversité dans les besoins des personnes à mobilité réduite. Donc j’accède, via sa plateforme collaborative fournit le détail des informations d’accessibilité. Ce qui fait que l’utilisateur peut décider par lui même de l’accessibilité à un lieu. Il se fait sa propre idée d’un lieu et de son accessibilité. Grâce au numérique, on peut reprendre la main sur sa mobilité. C’est un levier très simple qui est à la portée de tout le monde.

Visitez le site jaccede.com

La plateforme Siplom.co

Siplom est une association qui va utiliser le numérique pour créer des emplois autour du numérique, former aux métiers du numérique, car les universités et les écoles ne créent pas assez de profils Geek. Elle va soutenir l’insertion des femmes dans les métiers du numérique, des réfugiés, des demandeurs d’emplois, en présentiel avec de vrais formateurs. Ces formations durent environ 6 mois et 80% des personnes formées trouvent un job dans les 6 mois.

Nouvelle initiative de Simplo est Misscode, une association qui va soutenir l’intégration des femmes dans les métiers du numérique. En Inde, un développeur sur deux est une femme, en France, on va être plutôt dans une culture machiste avec très peu de femmes dans ces métiers de l’informatique. Misscode est soutenue par le Boncoin.

Le secteur associatif profite du numérique, néanmoins, ce secteur est généralement pas très numérique et pas très geek. On associe la nouvelle technologie à des choses très capitalistes, technologie californienne … alors qu’il y a le logiciel libre, la cartographie libre liée à l’économie sociale et solidaire …

D’autre part, dans le milieu associatif, les adhérents sont assez âgés. Donc il faut faire et commencer à faire, à innover et laisser l’intergénérationnelle faire la suite. Il est important également d’accompagner les salariés de l’ESS dans cette transformation numérique. Interview de Frederick président fondateur de Siplom.co.

Voir le site Simplo.co

La plateforme Covoiturage libre

Cette association covoiturage libre, propose un service de covoiturage gratuit, collaboratif et libre. Cette association se rémunère uniquement avec des dons et ne prend pas pas de commission sur les trajets. La plateforme contribue au lien social entre covoitureurs et les conducteurs, et est animée et développée uniquement par des bénévoles.

Afin de contrer l’explosion des plateformes collaboratives qui bénéficient de commissions, comme Blablacar qui a récolté sur la communauté d’acteur 1,4 milliards de dollars, Bastien souhaite que son application soit de bien commun et que le covoiturage bénéficie uniquement à l’utilisateur, qu’il soit conducteur ou passager. Le covoiturage prend donc une forme associative et non plus SAS. Aujourd’hui, Covoiturage libre, représente 850 000 trajets et 2000 euros de budget annuel. Les gens qui collaborent sont sensibles au fait que la plateforme n’est pas privée. Bastien fait le constat qu’en tant qu’association, on peut être au même niveau que Blablacar.

On ne parle plus de transformation numérique des associations, mais de la transition solidaire des plateformes collaboratives, car en 20 ans la solidarité s’est fait disruptée par le numérique. On construit le Wikipédia du covoiturage. Wikipédia est basé sur un modèle économique associatif et est le 4ème site du monde. Un autre exemple est Open Street map qui construit une Carte sous forme associative. Benjamin a cette croyance que nous pouvons avoir de grandes plateformes collaboratives sous forme associative. Dans la médiation, il y a une forme de privatisation de la solidarité. On confond trop souvent le modèle collaboratif avec le modèle sociale et solidaire. Il faut pouvoir distinguer ce qui est de l’ordre du collaboratif et du modèle associatif. Ubber, Blablacar, Airbnb etc… sont des plateformes collaboratives basées sur un système économique commercial et non solidaire.

Benjamin conclut avec “85000 sont les personnes sensibles à la cause sociale et solidaire c’est un supplément d’âme qui est important pour une plateforme collaborative.” Interview de Bastien Sibile, qui a créé l’association.

Voir le site covoiturage libre

La plateforme WEBASSOC

WEBASSOC est une association qui réunit des professionnels du web bénévoles, afin d’aider des associations du secteur de la solidarité et de l’environnement. Les associations sont démunies face a ces nouveaux métiers, alors, on les accompagne de la réalisation de leur site internet jusqu’à tous les besoins de communication digitale et de collecte de fonds. On organise des formations opérationnelles, techniques afin que ces petites associations deviennent autonomes, en les accompagnant sur leur projet, ou en leur trouvant des professionnels pour faire à leur place. Le plus important est que ces associations prennent la main progressivement et deviennent autonomes. WEBASSOC n’a pas de compte en banque et est totalement bénévole. WEBASSOC aident sur tous les outils du libre de droits (WordPress) et pour la partie visibilité, google offre 10 00 dollars par mois de google adwords aux associations. Interview de Raphaelle Manajovsky, fondatrice de WEBASSOC

Voir le site Webassoc


[1] Mouvement citoyen d’agriculture urbaine participative venu d’Angleterre! Ils sont partout et invitent les habitants à planter des légumes en ville partout où c’est possible… et à cultivez les liens. L’émergence d’un monde Incroyable aux quatre coins de la planète: celui de l’abondance partagée. http://lesincroyablescomestibles.fr/

[2] Bleu Blanc Zèbre revendique la nécessité absolue de co-construire entre la société civile et les Collectivités une nouvelle façon d’agir, en travaillant main dans la main avec les élus locaux pour résoudre concrètement les difficultés de notre pays.http://bleublanczebre.fr/

[3] La civic tech est l’usage de la technologie dans le but de renforcer le lien démocratique entre les citoyens et le gouvernement1. Cela englobe toute technologie permettant d’accroître le pouvoir des citoyens sur la vie politique, ou de rendre le gouvernement plus accessible, efficient et efficace.

[4] La Ruche, en partenariat avec Orange, Microsoft, le Groupe INSEEC et la Fondation Rexel, entre autres, lance la première édition du Digital Impact. Cet appel à projets vise à promouvoir et à soutenir les initiatives « Tech For Good ». http://www.carenews.com/fr/news/6713-la-ruche-lance-digital-impact-pour-booster-les-initiatives-tech-for-good