Le stress lié à l’hyperconnexion

L’explosion des nouvelles technologies a bouleversé notre manière d’utiliser internet, parfois excessive, et sans vraiment de frontières distinctes entre vie privée et vie professionnelle. L’hyperconnexion, l’infobésité ont un impact certain sur le mal être des salariés, notemment, problèmes de sommeil, stress, burnout… Le besoin des salariés semble réel, alors que selon une étude de l’IFOP de 2014, 62% des cadres supérieurs se déclarent dépendants de leurs smartphones, et plus de 70% des cadres jugent que la connexion permanente accroît leur charge de travail.

48% des cadres français perçoivent l’hyperconnexion comme source de stress, et 82% comme anxiogène (selon une étude IFOP pour Securex 2016).
L’email arrive en première position des générateurs de stress, selon le Professeur Gloria Mark (chercheur en psychologie et plus principalement concernant les interactions entre les humains et les ordinateurs). 1 cadre est, en moyenne, dérangé toutes les 7 minutes, sachant qu’il nous faut 25 minutes pour nous concentrer. Il est donc difficile d’obtenir une concentration optimum, dans les tâches que que nous effectuons.

Les métiers du marketing, de la communication, de l’innovation sont les premiers impactés par l’hyperconnexion, entre les notifications, les systèmes d’alertes, les rapports analytiques, le besoin de suivre les dernières infos. Le e-marketer est sans cesse sollicité du réveil au coucher, durant les congés (64%), devant la télé (62%) et également dans son lit (42%), selon l’étude Adobe 2016 .

Une corrélation existe entre le stress et l’utilisation des médias sociaux. Dans, une étude réalisée au Royaume-Uni auprès de 298 participants, 53% estiment que l’interaction avec les réseaux sociaux avait un impact sur leur humeur, et dans 51% des cas cela aurait un impact négatif sur le moral. 55% se sentent stressés lorsqu’ils sont déconnectés trop longtemps. 60% estiment devoir couper volontairement avec le numérique pour pouvoir ressentir, à nouveau une certaine liberté. Nous présenterons des solutions pour pallier à ce nouveau stress venu du numérique dans notre deuxième partie.

Le Web et l’environnement

Quel est l’impact de l’utilisation quotidienne du web et des nouvelles technologies sur l’environnement ?

Des fermes de serveurs, grandes comme une ville, la fabrication de smartphones, tablettes ou ordinateurs, gros consommateurs de ressources non renouvelables, des centaines de mails que nous envoyons chaque jour d’un bout à l’autre de la chaîne…internet est véritablement un grand consommateur d’énergie et une source de pollution.

Dans les années 90, nous étions quelques millions d’individus à avoir accès à internet, dont la plupart étaient des entreprises. Aujourd’hui, nous sommes 3,2 milliards d’internautes dans le monde, et ce chiffre augmente de 10% en moyenne chaque année. D’après les pronostics de l’ONU, nous serons 5 Milliards en 2020 et la totalité de la planète aura un accès à internet d’ici 2035.

Au niveau de l’environnement, le digital va, en effet, permettre de réduire l’utilisation des transports (voitures, avions etc…) et va permettre également de réduire la consommation de papier et ainsi le nombre d’arbres coupés. Mais à quel prix ? Chaque email envoyé consomme 4 grammes de CO2; les recherches Google consomment, 7 grammes de CO2, par jour. Charger son ordinateur, consomme sur 1 an autant de CO2 qu’un aller retour Paris-Londres. Donc, Internet est une source importante de consommation d’énergie et d’émissions de gaz à effet de serre.

Voici une étude réalisée par Frédéric Bordage, Expert Green IT 3 :

L’étude montre que la relation 200 équipements utilisateurs pour 1 serveur, environ 3 milliards de terminaux connectés (2 milliards de smartphones et 1 milliard d’ordinateurs) et 5 à 7 milliards d’objets connectés, soit 9 milliards de clients, pour environ 45 millions de serveurs. Il y a 800 millions d’équipements réseaux actifs ( routeurs, box ADSL, cœur de réseau, etc) connectant les clients entre eux et aux serveurs. Nous en atteignons les ratios suivant : 200 clients pour 1 serveur (200:1); 10 clients pour 1 équipement réseau (10:1). Ces ratios vont être amenés à augmenter dans les prochaines années, car, selon les études, le nombre d’objets connectés devrait passer de 5 à 7 milliards aujourd’hui, et entre 25 et 75 milliards d’objets connectés dès 2020.

Pendant ce temps, 50M de personnes meurent chaque année dans le monde, à cause d’une pénurie d’eau ou à d’un manque d’accès à l’ eau potable. Dans ce contexte, l’épuisement des ressources non renouvelables et la pollution ayant un impact sanitaire nocif, sont générés lors de la fabrication des équipements électroniques et de leur fin de vie. La consommation électrique (68%) et d’eau (84%) est importante dans la phase d’utilisation, alors que 48% d’émissions de gaz à effet de serre provient de la fabrication et 52% de l’utilisation.
Enfin la consommation d’eau provient des 3 phases : la fabrications des équipements, la production de l’électricité et le refroidissement des centres de données. (cf Annex6)

l’empreinte environnementale annuelle moyenne d’un internaute est de l’ordre de :

● 350 kWh d’électricité ;
● 200 kg de gaz à effet de serre;
● 3 000 litres d’eau.

Les utilisateurs peuvent modifier leurs habitudes

Puisque c’est la fabrication des équipements et des objets connectés qui impacte le plus l’environnement, il, serait préférable que les utilisateurs allongent la durée de vie de leurs équipements, afin de réduire de manière significative la fabrication de nouveaux appareils.

Quant à la box et le boitier TV si ils sont connectés 24h sur 24h, la consommation est de 150KWh à 300KWh par an; donc il est recommandé de les éteindre le soir, afin d’économiser 65 à 130KWh.
En outre, il est nécessaire de limiter l’usage du Cloud au strict minimum. Car les allers-retours entre l’ordinateur et les serveurs consomment 2 fois plus d’énergie que le fait de de stocker localement ces documents pendant 1 an. Enfin, il est préférable d’éviter de regarder la télévision via internet, puisque la vidéo en ligne représentent plus de 60% du trafic internet.

les éditeurs de services en ligne privilégient l’éco-conception

En effet, le poids des pages web a été multiplié par 115 en 20 ans, passant de 14Ko à 1600Ko, et ce surpoids n’est pas justifié. Les éditeurs devraient également diminuer le nombre d’infrastructures nécessaires, comme IBM qui a divisé par 100 son nombre de serveurs .

L’éco Conception n’est pas exclusive aux grands groupes informatiques et peut être mise en place par de plus petites structures et agences. Pour le web, il existe un référentiel de bonnes pratiques qui fait consensus.

Réduire le refroidissement artificiel des Data center

Les Data center ont deux solutions: soit réduire le nombre de serveurs, soit diminuer les besoins de refroidissements associés. Comme le nombre de serveurs est influencé directement par le niveau d’éco conception des logiciels, il est indispensable de se focaliser sur la réduction des besoins en refroidissement. Cela passe notamment par la sélection d’équipements informatiques et télécoms peu énergivores et tolérants aux variations de température et d’hygrométrie (critères ASHRAE). Ils peuvent ainsi plus facilement les refroidir, grâce à l’air froid extérieur.

Il existe d’autres techniques, comme le free cooling direct ( refroidissement naturel avec le froid extérieur) et le free chilling qui consiste à ventiler l’air extérieur pour le refroidir, puis le réinjecter …
En conclusion si l’entreprise fait le choix de mettre en place ces bonnes pratiques, le besoin de production artificielle de froid ne sera plus nécessaire.

Accompagner ces bonnes pratiques avec de l’énergie renouvelable

Que ce soit les utilisateurs ou les éditeurs web, chacun peut recourir à de l’énergie primaire renouvelable, telle que des éoliens, solaires, biomasse etc…Cette bonne pratique permet de réduire de manière significative, les émissions de gaz à effet de serre et la quantité d’eau douce consommée.

 


Frédéric Bordage, Expert Green IT : Frédéric Bordage : après avoir été développeur, directeur technique, consultant, et journaliste, conseille les entreprises, collectivités et institutions dans les domaines du numérique responsable, du Green IT, et de l’écoconception de services numériques (logiciel, web, etc.).
https://www.challenges.fr/start-up/calldoor-l-application-qui-veut-aider-les-entreprises-a- respecter-le-droit-a-la-deconnexion_445876
http://www.marketing-professionnel.fr/tribune-libre/digital-detox-obligation-emarketeur- 201708.html
https://www.weforum.org/agenda/2015/09/does-digital-media-use-increase-stress/
http://geeko.lesoir.be/2012/07/10/les-reseaux-sociaux-une-cause-de-stress-pour-les- utilisateurs/
https://www.greenit.fr/2015/06/04/comment-reduire-l-empreinte-environnementale-du-web/
Critères Ashrae : https://www.greenit.fr/?post_type=post&s=ashrae
Eco-conception web : https://www.greenit.fr/article/outils/eco-conception-web-est-un-best-seller- 5025